Nous sommes partis de l’idée qu’une politique culturelle de gauche doit permettre aux travailleurs de la culture de vivre de leur travail, au public de rencontrer les œuvres et encourager la diversité culturelle. Or les politiques actuelles de protection des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle n’atteignent pas ces objectifs. La loi Internet et création, dite Hadopi, qui criminalise les échanges culturels non lucratifs, est inacceptable. Les artistes qui vivent de leur travail sont très peu nombreux. Si l’on souhaite que l’art se transforme en culture pour tous, des modèles alternatifs sont à trouver.~ Pour un service public du téléchargement ? - Regards.fr
En 2012, envisager le partage sur Internet selon un modèle purement répressif, c’est l’envisager selon une vision faussée. Mais c’est aussi, et surtout, la sinistre promesse d’entraver l’innovation pour les années à venir. Car au-delà du partage, de la création et de la culture, c’est l’innovation et l’accès aux biens communs immatériels qui sont en jeu.
Bah voilà, j’ai trébuché dans le buzz. Hier matin, mes 3 photos un peu pourries du siège parisien de la HADOPI, taggué par Anonymous, publiées sur ce blog, ont vite fait de faire le tour du web francophone.
Habituellement, ce site que j’alimente presque tous les jours avec des extraits d’articles, des photos, parfois des textes de mon cru, culmine entre 5 et 10 visiteurs journaliers. Hier, lundi 30 janvier, j’ai atteint le chiffre exorbitant de 18 734 visiteurs uniques. Et une requête Google permet de constater que de très nombreux sites ont consacré un article à la news, en reprenant mes photos, depuis des blogs d’internautes jusqu’à des sites d’info “mainstream” comme LeMonde.fr, Numerama, LeParisien.fr ou encore LeFigaro.fr, en passant par tout un tas de forums spécialisés. J’ai même eu droit à la rubrique “Faits marquants” de Wikipedia.fr paraît-il :)
Comment le buzz s’est-il répandu ? La réponse tient en deux mots bien connus : réseaux sociaux.
Hier matin, en rentrant chez moi après avoir pris ces photos, je les envoie d’abord sur deux ou trois listes de discussion auxquelles je participe (dans les 800 inscrits en tout), et puis ensuite sur mon compte Facebook (300 amis environ). Et puis vers 10h30, je publie le petit article sur ce Tumblr, histoire de laisser une trace de ma paternité des photos, juste au cas où. Quelques amis “font tourner” mon tweet annonçant l’article et quelques autres me demandent, par e-mail, s’ils peuvent diffuser les photos sur leurs propres réseaux.
Parmi mes amis twitteurs, certains sont suivis par des journalistes de médias online parce qu’ils ont des fonctions dans le parti politique auquel j’adhère moi aussi, notamment parce que c’est un parti qui a un discours clair sur les libertés numériques (pour être tout à fait précis, je suis même membre de sa commission Partage 2.0).
Vers 13h, Rue89 est le premier média à se faire l’écho, sur Twitter, de mon article et de mes photos. Entre temps j’ai aussi relayé l’article sur mon mur Facebook, et une poignée d’ami-e-s l’ont déjà partagé sur leurs murs respectifs, ainsi que sur mon compte Google+, mais là c’est le calme plat, comme d’habitude.
Mais à partir du moment où Rue89, très suivi sur Twitter avec presque 230 000 “followers”, s’en fait le relais, c’est comme une traînée de poudre qu’on aurait allumée. Pendant toute la journée je ne vais cesser de recevoir des alertes sur mon iPhone : je suis retweeté à mort, j’ai plein de nouveaux “followers”, mon Facebook est rempli de commentaires (ça j’ai plus l’habitude tout de même), et sur Tumblr, le module de gestion des commentaires, géré par Disqus, enregistre des tas de réactions à la suite de l’article. La “fièvre” va durer ainsi jusqu’à minuit environ. Grosso modo, sur une douzaine d’heures, soit une moyenne de 1 500 visiteurs uniques par heure, ou encore 25 visiteurs à la minute.
D’où viennent tous ces visiteurs d’hier ? Grâce à Google Stats, j’ai pu retracer tout ça, et voici les 10 premiers sites référants :
A eux deux, Facebook et Twitter ont donc généré pratiquement 10 000 visiteurs, plus de la moitié du nombre total de visiteurs ! Je remarque aussi que LeFigaro.fr est très bien placé, avant Rue89 qui fut l’un des premiers sites d’info à publier une news reprenant mes photos et un lien vers mon blog. La plupart des autres sites internet de quotidiens et magazines français sont loin derrière, avec moins de 100 visiteurs uniques.

Je remarque enfin deux ou trois choses. L’information a été reprise telle quelle sur la plupart des sites, qui se sont visiblement copiés les uns les autres, et quasiment aucun n’a fait mention du petit dialogue entre l’employé de la HADOPI et moi-même, que j’avais retranscrit dans mon article. J’avais pris soin de préciser que les photos étaient sous licence Creative Commons : la très grande majorité des sites internet ont respecté cette licence, en la mentionnant sous les photographies, avec mon nom et un lien vers mon article.
Et enfin, sur les 70 commentaires en un jour à la suite de l’article, il y en a eu deux pour crier au “fake” (les photos seraient fausses). C’est ce qui m’a le plus amusé dans toute cette petite expérience. Le reste des commentaires est plus intéressant (à la suite de l’article ou sur les pages des sites d’information) avec un débat sur l’utilité d’une telle action de la part des Anonymous. Certains pensent en effet que ça nuirait à la cause, parce que tagguer des murs ce serait faire preuve de violence gratuite. Je ne suis pas d’accord avec ça et j’ai participé à la discussion dans les commentaires.
L’air de rien, je suis content d’un truc : grâce à ce petit buzz de début de semaine, pas mal de gens savent aujourd’hui à peu près en quoi consiste la licence Creative Commons. Et ça, c’est vachement intéressant.
La vision écologiste d’Internet est celle d’un réseau libre, neutre et accessible à tous. Cette perspective ne date pas d’hier, et n’a pas attendu la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle pour s’exprimer. Dès 2009, les Verts européens - qui siègent d’ailleurs aux côtés du Parti pirate suédois au Parlement européen - se déclaraient en faveur d’une légalisation du partage de fichier à but non commercial ; c’est là l’une de leurs revendications phares, parmi bien d’autres (moins de copyright, plus d’open source, pas de brevet logiciel, respect de la neutralité des réseaux…)~ Eva Joly & EELV : le programme numérique que les internautes attendent - le Plus
Most people agree that the internet has made us smarter — will it also make us freer? That depends on how we use it. Burnham believes that industries which produce content (Hollywood, music corporations, television) should be required to adapt, rather than “kill the medium.” He says that although we’re used to seeing artists portrayed as the victims in this debate, it’s really the industries that are suffering. “Artists are beginning to find really creative ways of financing projects, distributing projects, promoting projects and that’s great. The industry is a little bit slower to adapt.” And maybe they should.~ The Right to Piracy: The Conflict Behind SOPA | Think Tank | Big Think
The Creative Commons turns 10 years old next year, and the simple idea of releasing content with “some rights reserved” has revolutionized online sharing and fueled a thriving remix culture. Like many other sites across the web, we’ve benefited from CC-licensed photos at Wired.com for years — thank you, sharers! It seems only fitting, and long overdue, to start sharing ourselves. (via Wired.com Goes Creative Commons: 50 Great Images That Are Now Yours | Raw File | Wired.com)
The theft-metaphor is problematic in the sense that a key element of stealing is that the one stolen from loses the object, which is not the case in file sharing since it is copied. There is no loss when something is copied, or the loss is radically different from losing something like your bike,” Larsson explains.~ Piracy is NOT Theft: Problems of a Nonsense Metaphor | TorrentFreak
One of the main reasons we all have anti-piracy slogans embedded in our brains is because the music industry chose to try and protect its existing market and revenue streams at all costs and marginalise and vilify those who didn’t want to conform to the harsh new rules being set.~ The case for piracy – Blog – ABC Technology and Games (Australian Broadcasting Corporation)
Sous le doux nom de “ifttt”, voici un nouveau service ultra-geek et ultra-pratique pour ceux qui, comme moi, ont tendance à démultiplier les outils en ligne pour partager photos, vidéos, news, articles, etc. IFTTT = If This Then That, en bon français, “Si ceci alors cela”. C’est assez sioux pour le commun des mortels, tout de suite intelligible pour les programmeurs : si telle condition est remplie, alors réaliser telle action.
Je viens de souscrire au service, gratuit et encore en phase de développement, et j’ai très rapidement créé une première tâche (“task”) : à chaque fois que je publie une photo dans Instagram, associée au mot-clé #guitar, cette photo est copiée vers un dossier de mon compte Dropbox (sauvegarde et synchronisation en ligne de fichiers). A partir de maintenant, je vais donc récupérer sans avoir à m’en soucier toutes mes photos de guitares partagées depuis Instagram (logiciel bien sympathique mais qui n’existe que sur iPhone pour le moment).
Depuis Instagram, mes photos étaient déjà partagées sur Tumblr, lequel se chargeait ensuite de les partager sur Facebook et sur Twitter. Mais jusqu’ici je ne pouvais pas encore récupérer la photo pour la stocker quelque part sur mon ordi. Mon projet finalement sera de réussir à publier automatiquement la photo depuis Instagram jusqu’à mon compte Picasaweb (en particulier cet album).
Ifttt est encore en développement, j’espère que peu à peu de nombreux “channels” y seront ajoutés (pour le moment par exemple, picasaweb n’en fait pas encore partie). On imagine bien l’utilité d’un tel service pour automatiser certaines tâches. Rêvons un peu : tous vos statuts Facebook reroutés automatiquement sur votre Google+ ? Toute photo Instagram avec tel mot-clé envoyée directement à votre adresse e-mail ? Les possibilités ont l’air immenses.
Un mot sur l’interface de itfff : des textes très courts, écrits très gros, pas d’image à part les logos des “channels”, l’ergonomie vise la simplicité et la rapidité, même si c’est au prix d’une certaine aridité. En tout cas là aussi le service innove.
~ Facebook Users Beware: Facebook’s New Feature Could Embarrass YouPeople need to be aware of what they’re signing up for when they add apps to the Timeline. Even my tech-savvy friends seem to set up these auto-share apps, completely forget about them, and return to doing things they wouldn’t necessarily want to share with all their friends.
Should you worry about Facebook’s new Gestures functionality? No, but even the most technical among us should be aware that sharing everything is not always wise, and that selecting the right privacy settings can protect you against any mistakes.
Liste non exhaustive des délits sanctionnés par la même durée de trois ans d’emprisonnement que celle risquée pour la mise à disposition d’oeuvres protégées par le droit d’auteur.~ Tous ces délits jugés moins graves que le partage de la culture
Dans le programme du PS, il n’y a pas une ligne sur le temps de travail. Le partage du travail actuel est complètement binaire : des salariés débordés de travail, des précaires qui en manquent. Est-ce seulement la loi du marché qui doit décider du temps de travail en France ? 200 emplois CDI créés chez Mamie Nova en passant à la semaine de 4 jours. Déjà 400 entreprises ont franchi le pas.~ Pierre Larouturou, économiste, présentant une motion sur la semaine de travail de 4 jours, lors du congrès national décentralisé Europe Écologie - Les Verts du 29 mai 2011.