Greguti's Tumblr

Ce Tumblr me sert de carnet de notes et de citations au gré de mes lectures et balades sur le web. Vous y trouverez :

Des trucs à moi (notamment des compos à la guitare), mais aussi : musique - politique - démocratie - forteana - guitares - wikileaks - religion - croyances - sexualité - sciences - OVNI - psi - Paris - art des rues - comportement animal - psychologie - socialisme - capitalisme - écologie - EE-LV - conscience, ...

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Cessons de parler, de penser en termes de chômage, d’emplois (perdus, gagnés), de marché du travail. Ces mots abjects amènent à ne plus voir dans les humains que leur employabilité, à les diviser en deux classes, ceux qui ont un boulot et qui sont des vivants à part entière, et les autres qui sont des êtres subjectivement et objectivement diminués. C’est cette centralité de l’emploi - c’est-à-dire dans l’immense majorité des cas, du salariat - qui pousse l’enseignement à préparer la jeunesse à ce concentré d’horreur qu’est “le monde de l’entreprise”. (…)

Contrairement au traitement que la guerre civile espagnole a réservé aux colonnes de volontaires anarchistes, la “Libération” aux maquis ou les “organisations révolutionnaires” aux comités d’action de 1968, il ne faut pas craindre de confier l’essentiel des tâches à ceux que lient déjà un état d’esprit non économique, l’idée d’un partage immédiat de la vie entière.

Extrait de Premières mesures révolutionnaires, Eric Hazan et Kamo, 2013, La Fabrique éditions

Le film est produit en France, il est sélectionné dans les festivals, il aura sans doute une vie à l’étranger mais j’aimerais que les Russes le voient. Après le « Cinéma du réel », je vais le diffuser en ligne, sur les plateforme de téléchargement russes, illégales le plus souvent. C’est un film politique, il n’a aucune chance d’être diffusé à la télé, ou dans les salles. Il faut le faire voyager autrement et, chez moi, les réseaux pirates, les systèmes d’échange de fichiers sont bien organisés, c’est notre espace de liberté. J’ai envie d’en profiter et de soutenir cette activité, même si mes producteurs étaient assez réticents au départ. Je suis, moi-même, un enfant d’internet et ça me plait de de laisser le film vivre sa vie et de voir s’il provoque des réactions.

Une nouvelle étudie commandée par le Centre Commun de Recherche de la Commission Européenne, compilant les données comportementales de plus de 16 000 internautes européens, a permis de déterminer que le piratage n’affecte en aucun cas le marché légal et a même un effet positif sur les ventes de musique. En gros, la musique que les gens téléchargent illégalement n’aurait de toute manière pas été achetée par ces mêmes personnes. Mieux, toute cette activité illégale stimule les ventes en ligne puisque les chercheurs ont déterminé que lorsqu’il n’y a pas de sites qui proposent illégalement de la musique, les clicks sur les sites légaux diminuent de 2% environ.

Hervé Novelli :  Je préfère le travailleur pauvre en Allemagne à l’assisté en France. (…) Ce que je ne veux pas, c’est que  notre pays devienne une sorte de laboratoire, grandeur nature, d’idées qui partout dans le monde, n’ont pas été appliquées. (…) Personne ne pense que la réduction du temps de travail, de manière globale, massive, nationale, serait un moyen de résoudre le problème du chômage. Tout le monde pense, à l’inverse, qu’on n’a jamais rien trouvé de mieux que la croissance économique pour résoudre tout ou partie du problème. Un pays sans croissance est un pays condamné au chômage de masse. (…) Il n’y a pas que le travail, il y a aussi l’innovation, qui peut être un véritable moteur de la croissance. Et l’innovation n’est pas du tout liée au temps de travail. La croissance c’est du travail, de l’investissement et de l’innovation.

Pierre Larrouturou : Qu’est-ce ça veut dire de parler de liberté ou de fraternité si on accepte que des gens gagnent 260€/mois, comme c’est le cas en Allemagne aujourd’hui ? (…) 400 entreprises françaises passées à 4 jours par semaine, sans baisse de salaire, avec des embauches, même si les salaires y ont été gelés pendant un an et demi. (…) Alors qu’on a fait des gains de productivités, plus en 35 ans que sur les deux siècles précédents. En Chine, la consommation d’électricité, critère le plus fiable pour mesurer la croissance, n’est que de 1%, il y a déjà 20% de chômage là-bas, et la bulle immobilière vient d’exploser. Bien sûr qu’il faut de l’innovation technologique, mais pourquoi l’opposer à l’innovation sociale ? Au Japon, pays du monde qui a investi le plus dans la recherche, la croissance n’a été que de 0,7% sur ces 20 dernières années. Compter sur le retour de la croissance est illusoire, il faut inventer un nouveau modèle de développement, et très vite.

The average American on a peer-to-peer network has a music library of almost 2000 songs. Of these, 760 (38 percent) are reported to be legitimately purchased. In contrast, those who say they are not P2P users (but do collect digital music files) have an average library size of 1300 songs. Of those, 582 (roughly 45 percent) were purchased from legitimate sources. Most of the others were ripped from CDs or copied from friends and family.
“Are we saying that P2P file sharing promotes T-shirt sales, or show attendance? Of course not; that would be silly,” NPD’s Russ Crupnick writes. But is it really that silly? Or is it possible that some file-sharers become more engaged music fans because they have access to music they wouldn’t be able to afford otherwise? Could it be that these file-sharers then visit a concert of a band they wouldn’t have known if they didn’t pirate?

« Le mouvement des enclosures en Angleterre fait partie de ces universaux concrets, à l’image du marché triangulaire des esclaves, des sorcières portées au bûcher, de la famine irlandaise ou du massacre des nations indiennes, qui permettent de définir le crime du modernisme, à chaque fois limité dans le temps et l’espace, mais toujours dépassant le particulier et susceptible de revenir au devant de la scène »

http://zerlo.fr/rio20/elinor_ostrom/

Nous sommes partis de l’idée qu’une politique culturelle de gauche doit permettre aux travailleurs de la culture de vivre de leur travail, au public de rencontrer les œuvres et encourager la diversité culturelle. Or les politiques actuelles de protection des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle n’atteignent pas ces objectifs. La loi Internet et création, dite Hadopi, qui criminalise les échanges culturels non lucratifs, est inacceptable. Les artistes qui vivent de leur travail sont très peu nombreux. Si l’on souhaite que l’art se transforme en culture pour tous, des modèles alternatifs sont à trouver.

En 2012, envisager le partage sur Internet selon un modèle purement répressif, c’est l’envisager selon une vision faussée. Mais c’est aussi, et surtout, la sinistre promesse d’entraver l’innovation pour les années à venir. Car au-delà du partage, de la création et de la culture, c’est l’innovation et l’accès aux biens communs immatériels qui sont en jeu.

Bah voilà, j’ai trébuché dans le buzz. Hier matin, mes 3 photos un peu pourries du siège parisien de la HADOPI, taggué par Anonymous, publiées sur ce blog, ont vite fait de faire le tour du web francophone. 

Habituellement, ce site que j’alimente presque tous les jours avec des extraits d’articles, des photos, parfois des textes de mon cru, culmine entre 5 et 10 visiteurs journaliers. Hier, lundi 30 janvier, j’ai atteint le chiffre exorbitant de 18 734 visiteurs uniques. Et une requête Google permet de constater que de très nombreux sites ont consacré un article à la news, en reprenant mes photos, depuis des blogs d’internautes jusqu’à des sites d’info “mainstream” comme LeMonde.fr, Numerama, LeParisien.fr ou encore LeFigaro.fr, en passant par tout un tas de forums spécialisés. J’ai même eu droit à la rubrique “Faits marquants” de Wikipedia.fr paraît-il :)

Comment le buzz s’est-il répandu ? La réponse tient en deux mots bien connus : réseaux sociaux. 

Hier matin, en rentrant chez moi après avoir pris ces photos, je les envoie d’abord sur deux ou trois listes de discussion auxquelles je participe (dans les 800 inscrits en tout), et puis ensuite sur mon compte Facebook (300 amis environ). Et puis vers 10h30, je publie le petit article sur ce Tumblr, histoire de laisser une trace de ma paternité des photos, juste au cas où. Quelques amis "font tourner" mon tweet annonçant l’article et quelques autres me demandent, par e-mail, s’ils peuvent diffuser les photos sur leurs propres réseaux.

Parmi mes amis twitteurs, certains sont suivis par des journalistes de médias online parce qu’ils ont des fonctions dans le parti politique auquel j’adhère moi aussi, notamment parce que c’est un parti qui a un discours clair sur les libertés numériques (pour être tout à fait précis, je suis même membre de sa commission Partage 2.0).

Vers 13h, Rue89 est le premier média à se faire l’écho, sur Twitter, de mon article et de mes photos. Entre temps j’ai aussi relayé l’article sur mon mur Facebook, et une poignée d’ami-e-s l’ont déjà partagé sur leurs murs respectifs, ainsi que sur mon compte Google+, mais là c’est le calme plat, comme d’habitude.

Mais à partir du moment où Rue89, très suivi sur Twitter avec presque 230 000 “followers”, s’en fait le relais, c’est comme une traînée de poudre qu’on aurait allumée. Pendant toute la journée je ne vais cesser de recevoir des alertes sur mon iPhone : je suis retweeté à mort, j’ai plein de nouveaux “followers”, mon Facebook est rempli de commentaires (ça j’ai plus l’habitude tout de même), et sur Tumblr, le module de gestion des commentaires, géré par Disqus, enregistre des tas de réactions à la suite de l’article. La “fièvre” va durer ainsi jusqu’à minuit environ. Grosso modo, sur une douzaine d’heures, soit une moyenne de 1 500 visiteurs uniques par heure, ou encore 25 visiteurs à la minute. 

D’où viennent tous ces visiteurs d’hier ? Grâce à Google Stats, j’ai pu retracer tout ça, et voici les 10 premiers sites référants :

  • 6 600 visiteurs venus de Facebook
  • 2 738 visiteurs venus de Twitter
  • 2 250 visiteurs en accès direct
  • 907 visiteurs depuis Google +
  • 857 visiteurs depuis Jeuxvideos.com
  • 620 visiteurs depuis LeFigaro.fr
  • 608 visiteurs depuis Korben.info
  • 596 visiteurs depuis rue89.com
  • 360 visiteurs depuis Clubic.com (sans doute sur les forums)
  • 317 visiteurs depuis spi0n.com (qui indique Korben.info comme sa source)

A eux deux, Facebook et Twitter ont donc généré pratiquement 10 000 visiteurs, plus de la moitié du nombre total de visiteurs ! Je remarque aussi que LeFigaro.fr est très bien placé, avant Rue89 qui fut l’un des premiers sites d’info à publier une news reprenant mes photos et un lien vers mon blog. La plupart des autres sites internet de quotidiens et magazines français sont loin derrière, avec moins de 100 visiteurs uniques.

Je remarque enfin deux ou trois choses. L’information a été reprise telle quelle sur la plupart des sites, qui se sont visiblement copiés les uns les autres, et quasiment aucun n’a fait mention du petit dialogue entre l’employé de la HADOPI et moi-même, que j’avais retranscrit dans mon article. J’avais pris soin de préciser que les photos étaient sous licence Creative Commons : la très grande majorité des sites internet ont respecté cette licence, en la mentionnant sous les photographies, avec mon nom et un lien vers mon article. 

Et enfin, sur les 70 commentaires en un jour à la suite de l’article, il y en a eu deux pour crier au “fake” (les photos seraient fausses). C’est ce qui m’a le plus amusé dans toute cette petite expérience. Le reste des commentaires est plus intéressant (à la suite de l’article ou sur les pages des sites d’information) avec un débat sur l’utilité d’une telle action de la part des Anonymous. Certains pensent en effet que ça nuirait à la cause, parce que tagguer des murs ce serait faire preuve de violence gratuite. Je ne suis pas d’accord avec ça et j’ai participé à la discussion dans les commentaires. 

L’air de rien, je suis content d’un truc : grâce à ce petit buzz de début de semaine, pas mal de gens savent aujourd’hui à peu près en quoi consiste la licence Creative Commons. Et ça, c’est vachement intéressant.

La vision écologiste d’Internet est celle d’un réseau libre, neutre et accessible à tous. Cette perspective ne date pas d’hier, et n’a pas attendu la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle pour s’exprimer. Dès 2009, les Verts européens - qui siègent d’ailleurs aux côtés du Parti pirate suédois au Parlement européen - se déclaraient en faveur d’une légalisation du partage de fichier à but non commercial ; c’est là l’une de leurs revendications phares, parmi bien d’autres (moins de copyright, plus d’open source, pas de brevet logiciel, respect de la neutralité des réseaux…)
Most people agree that the internet has made us smarter — will it also make us freer? That depends on how we use it. Burnham believes that industries which produce content (Hollywood, music corporations, television) should be required to adapt, rather than “kill the medium.” He says that although we’re used to seeing artists portrayed as the victims in this debate, it’s really the industries that are suffering. “Artists are beginning to find really creative ways of financing projects, distributing projects, promoting projects and that’s great. The industry is a little bit slower to adapt.” And maybe they should.