"Il existe deux conceptions du monde : la tomatière et la non-tomatière. Pour les non-tomatiers, peu importe le goût de la tomate. C’est le cadet de leurs soucis, du moment qu’elle est ronde, rouge et pas chère. Ils l’achètent n’importe où ; ce qu’ils aiment, c’est pousser leurs caddies et les remplir de choses pas chères. Certes, la plupart du temps, c’est la faiblesse de leur pouvoir d’achat qui les incite à adopter ce comportement douteux. Mais pas toujours. Il y a aussi ceux qui aiment ça, ceux à qui on ne la fait pas. Ce n’est pas à eux qu’on va expliquer ce qu’est une tomate : ils le savent. Ils savent que même trafiquée, hybride, transgénique, tout ce qu’on veut, une tomate reste une tomate. Si on essayait de leur refiler une courgette à la place, ils s’en apercevaient, hein ! Ce ne sont pas des imbéciles. Ils sont prêts à transiger sur les détails. Mais pas sur l’essence des choses. Or la tomate qu’ils achètent chez Auchan, c’est bien de la tomate, non ? Et c’est pareil pour tout. Ils savent qu’on vit en démocratie, puisqu’on est libre dans l’isoloir et devant l’étal du supermarché. Les non-tomatiers ne cherchent pas midi à quatorze heures. Les tomatiers sont plus compliqués."

Article11 - Le cri de la tomate - n°1 - Jean-Luc Porquet

L’individu démocratique est par définition un être impuissant politiquement : en France, chaque citoyen est dépositaire d’un quarante-deux millionième du pouvoir politique, que peut-il alors en faire d’autre que de le déléguer à un-e représentant-e à qui il confie le soin de décider de l’organisation sociale ? Tout le malheur de cette organisation est qu’elle entretient et généralise l’incapacité d’intervention dans la vie publique, l’abandon par les administré-e-s de leur puissance sociale, et qu’il faut déployer d’énormes efforts pour simplement convaincre qu’une action politique autonome est envisageable. De ce point de vue la gauche, en appelant les participant-e-s à s’en remettre à elle et à sa capacité de gestion politique, sape les bases des mouvements futurs en étouffant toute initiative d’organisation autonome. Plus largement la démocratie représentative fait de la politique une activité de spécialiste, un royaume séparé de la vie commune, et elle nous désapprend par là à nous auto-organiser, à prendre en charge nous-même, et sur un mode collectif, nos existences.

En légende de la photo, le texte appelle “le grand peuple égyptien d’empêcher l’asservissement religieux de la part du nouveau prophète Morsi” et de “permettre à l’Egypte de parvenir à un véritable développement démocratique”. De même, le groupe Femen met en garde le président Morsi que, s’il devait donner l’ordre d’ouvrir le feu sur son peuple, sa fin sera parmi les crocodiles du Nil et non pas dans une sépulture digne des pyramides. “A mort la servitude religieuse, vive la liberté et les droits de l’homme”, conclu la page.
(via ÉGYPTE • Aliaa Magda Elmahdy à nouveau nue contre le régime de Morsi | Courrier international)

En légende de la photo, le texte appelle “le grand peuple égyptien d’empêcher l’asservissement religieux de la part du nouveau prophète Morsi” et de “permettre à l’Egypte de parvenir à un véritable développement démocratique”. De même, le groupe Femen met en garde le président Morsi que, s’il devait donner l’ordre d’ouvrir le feu sur son peuple, sa fin sera parmi les crocodiles du Nil et non pas dans une sépulture digne des pyramides. “A mort la servitude religieuse, vive la liberté et les droits de l’homme”, conclu la page.

(via ÉGYPTE • Aliaa Magda Elmahdy à nouveau nue contre le régime de Morsi | Courrier international)

"Depuis quand suffit-il qu’un homme politique jure les yeux dans les yeux pour que cela balaye des informations précises, documentées, rigoureuses ? Comme si le mensonge n’existait pas en politique, y compris les yeux dans les yeux ! Pourquoi la France n’accepte-t-elle toujours pas cette règle respectée par toutes les autres démocraties adultes qui veut qu’un ministre mis en cause, de façon loyale et honnête, par des révélations de presse reprend immédiatement sa liberté pour pouvoir se défendre ? Et, surtout, pour ne pas prendre en otage la fonction publique qu’il occupe et, à travers elle, sa famille politique et le gouvernement tout entier, en utilisant le pouvoir que son ministère lui donne pour se défendre ? L’affaire Cahuzac confirme que, décidément, la France est une démocratie de basse intensité."

Quelques leçons de l’affaire Cahuzac

"La confiscation démocratique (comme en Grèce quand ordre fut donné à Papandréou, alors premier ministre, de renoncer à organiser un référendum sur le plan d’austérité demandé par Bruxelles) qui s’ensuivi avec la mise en place d’un gouvernement « de technocrates » (en Grèce, ce fut un gouvernement d’ « experts ») chargé d’imposer l’austérité a, par ricochet, scandalisé une partie de l’opinion et donné des ailes au mouvement de Beppe Grillo. Ce dernier a d’autant plus pu dénoncer « une gauche et une droite interchangeables » que le parti démocrate n’a rien trouvé à redire au professeur Monti dont il a voté l’essentiel des réformes… Ce rétablissement de la démocratie par le suffrage universel, au terme d’une campagne qui ne fut pas aussi médiocre que veulent le faire croire la plupart des observateurs, remet au moins la politique au centre du jeu."

Pourquoi les élections italiennes sont une excellente nouvelle - Page 2 | Mediapart

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« Vos trois exposés laissent paraître que vous n’êtes pas réellement gênés par ce projet de loi ; j’en suis à la fois étonnée et ravie »

Karine Berger, députée socialiste, rapporteure du projet de loi sur la “séparation” et la “régulation” des activités bancaires, devant trois représentants des banques françaises, en janvier 2013.

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La régulation bancaire au pistolet à bouchon - Les blogs du Diplo

“Le centre-gauche, dans l’incohérence de ses positions, n’est pas très différent de ce qui se passe dans les démocraties occidentales. Mais en Israël, tout prend des proportions plus dramatiques, parce que les enjeux sont plus graves. En France, Sarkozy, Hollande… ce n’est pas la fin du monde. La différence entre les deux politiques qu’ils mènent est si mince. Sarkozy a perdu l’élection, non pas parce que la gauche l’a gagnée, mais parce que les Français l’avaient assez vu.
Chez nous, cela ne marche pas comme ça. En Israël, le changement de majorité, c’est une révolution. C’est une tout autre direction dans laquelle le pays s’engage. Et Israël n’est pas prêt aujourd’hui à cela.”

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“If Swedish interrogators want to interrogate him they can do it in London. Everyone in their right mind knows that this is a stepping stone to the US.” Chomsky draws a parallel with Bradley Manning, the US soldier accused of having leaked thousands of classified documents to Wikileaks, and says that what to happened Manning is a clear indication of how Assange will be treated if he is extradited to the United States.

Manning has been held in a military prison for almost a year and a half without trial — most of that time in solitary confinement. “There is no doubt that the purpose of all this is to get [Manning] to say something about Assange, who will also be treated the same way if he ever comes to the US… Therefore, a decent country at this time — if there is one — would grant him political asylum,”

Chomsky says of the Swedish legal system “that one can not rely on it, which is not so surprising.” Sweden cooperated with the Nazis during World War II and is now working with the Americans, he points out. “Sweden cooperates with whoever is in power… suppose that Syria asks Sweden to extradite somebody to Syria whom they accuse works with the rebels — would Sweden do it? No!”

“By right [Assange] ought to get a medal of honour. He’s performing his responsibilities as a citizen of a democratic society and people ought to know what their representatives are doing “

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Assange Is A True Democrat: Chomsky | newmatilda.com

"Unfortunately, what we’ve seen over the past couple years has been troubling, and today is no different. When we started releasing this data, in 2010, we noticed that government agencies from different countries would sometimes ask us to remove political content that our users had posted on our services. We hoped this was an aberration. But now we know it’s not. “This is the fifth data set that we’ve released. Just like every other time, we’ve been asked to take down political speech. It’s alarming not only because free expression is at risk, but because some of these requests come from countries you might not suspect – western democracies not typically associated with censorship."

Google reports ‘alarming’ rise in censorship by governments | Technology | The Guardian

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Je ne vous apprends rien en vous disant que les votes blancs ou nuls n’ont aucun impact sur l’élection telle que nous la pratiquons. Les candidats vont, au mieux, s’inquiéter de l’abstention le soir de l’élection en prenant une mine grave (surtout les perdants qui trouvent là une bonne façon d’éluder leur défaite). C’est une des (nombreuses) preuves que l’élection telle que nous la pratiquons n’a aucun sens démocratique.

Ne pas voter, ou ne pas m’exprimer me semble cependant moins porteur de sens qu’un bulletin. La portée contestataire du vote blanc ou nul est très discutable. Qui va savoir si je suis allé à la pêche ou si je veux renverser la république ? Qui s’en préoccupe ? Certainement pas les hommes politiques, ni les médias.

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  Chroniques présidentielles - Et mon choix se porte sur… — Pile freemen 2.0

"Négocié plutôt que débattu démocratiquement, ACTA contourne les parlements et les organisations internationales pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement. Si il était instauré, cet accord créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet à surveiller et à censurer les communications en ligne. IL s’agit donc d’une menace majeure pour la liberté d’expression en ligne et est porteur d’insécurité juridique pour les entreprises de l’Internet."

ACTA, une loi déguisée en accord commercial qui criminalise le partage du savoir sur la toile ! | Liberté sur paroles - Emission d’Eugénie Barbezat sur Aligre FM

Le siège d’HADOPI à Paris taggué par Anonymous.

Amusante découverte ce matin du lundi 30 janvier 2012 en amenant mon gosse chez la nounou. Le siège d’HADOPI, dans le 14ème, rue du Texel, a été taggé par Anonymous dans la nuit. Vers 10h, l’entrée était barrée par des plots et des employés d’une société de nettoyage se préparaient à enlever le logo au pochoir et le tag écrit sur le trottoir, juste devant l’entrée, en grandes lettres rouges : “WE ARE LEGION”.

 

J’ai pu prendre des photos avec mon smartphone (merci mon gosse, dont je faisais mine de m’occuper pour être tranquille).

En repassant devant HADOPI un quart d’heure plus tard, cette fois les mains libres, je sors ostensiblement mon smartphone et je prends une dernière photo. A ce moment un gars en pull sort de l’accueil où il était avec quelques personnes, et vient vers moi, avec un air sévère et en regardant tout autour de lui, comme pour vérifier que nous étions seuls : “Vous ne devez pas prendre des photos, arrêtez ! Vous êtes de quel magazine d’abord ?”.

Je lui réponds, très calme : “Pardon ? Je suis dans la rue, sur un espace public, j’ai parfaitement le droit de prendre des photos de l’immeuble. Et je ne suis d’aucun magazine.” Il rétorque, énervé : “Mais alors pourquoi vous prenez des photos ? Pourquoi ? Vous voulez nous salir, c’est ça ? Qu’est-ce que vous allez en faire ?”.

Je réponds : “Pardon mais je peux bien avoir toutes les raisons que je veux, vous n’avez pas à le savoir. Et puis je n’ai aucune intention de vous salir, vous n’êtes qu’un employé, vous n’êtes pas responsable. En revanche, HADOPI, c’est autre chose… Vous voulez qu’on en cause ?”.

Après un temps d’arrêt à me dévisager, il recule et disparaît bientôt dans l’accueil de la Haute Autorité, tout en marmonnant un “mmm, ok, d’accord, d’accord, au revoir…” alors qu’il m’a déjà tourné le dos.

IMPORTANT : mes trois photos sont distribuées en licence CREATIVE COMMONS (cf. ci-dessous).


Licence Creative Commons
HADOPI taggé par Anonymous de Grégory Gutierez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Partage à l’Identique 3.0 non transposé.