L’individu démocratique est par définition un être impuissant politiquement : en France, chaque citoyen est dépositaire d’un quarante-deux millionième du pouvoir politique, que peut-il alors en faire d’autre que de le déléguer à un-e représentant-e à qui il confie le soin de décider de l’organisation sociale ? Tout le malheur de cette organisation est qu’elle entretient et généralise l’incapacité d’intervention dans la vie publique, l’abandon par les administré-e-s de leur puissance sociale, et qu’il faut déployer d’énormes efforts pour simplement convaincre qu’une action politique autonome est envisageable. De ce point de vue la gauche, en appelant les participant-e-s à s’en remettre à elle et à sa capacité de gestion politique, sape les bases des mouvements futurs en étouffant toute initiative d’organisation autonome. Plus largement la démocratie représentative fait de la politique une activité de spécialiste, un royaume séparé de la vie commune, et elle nous désapprend par là à nous auto-organiser, à prendre en charge nous-même, et sur un mode collectif, nos existences.
En légende de la photo, le texte appelle “le grand peuple égyptien d’empêcher l’asservissement religieux de la part du nouveau prophète Morsi” et de “permettre à l’Egypte de parvenir à un véritable développement démocratique”. De même, le groupe Femen met en garde le président Morsi que, s’il devait donner l’ordre d’ouvrir le feu sur son peuple, sa fin sera parmi les crocodiles du Nil et non pas dans une sépulture digne des pyramides. “A mort la servitude religieuse, vive la liberté et les droits de l’homme”, conclu la page.
(via ÉGYPTE • Aliaa Magda Elmahdy à nouveau nue contre le régime de Morsi | Courrier international)
— Pourquoi les élections italiennes sont une excellente nouvelle - Page 2 | Mediapart
« Vos trois exposés laissent paraître que vous n’êtes pas réellement gênés par ce projet de loi ; j’en suis à la fois étonnée et ravie »
Karine Berger, députée socialiste, rapporteure du projet de loi sur la “séparation” et la “régulation” des activités bancaires, devant trois représentants des banques françaises, en janvier 2013.
"— La régulation bancaire au pistolet à bouchon - Les blogs du Diplo
“Le centre-gauche, dans l’incohérence de ses positions, n’est pas très différent de ce qui se passe dans les démocraties occidentales. Mais en Israël, tout prend des proportions plus dramatiques, parce que les enjeux sont plus graves. En France, Sarkozy, Hollande… ce n’est pas la fin du monde. La différence entre les deux politiques qu’ils mènent est si mince. Sarkozy a perdu l’élection, non pas parce que la gauche l’a gagnée, mais parce que les Français l’avaient assez vu.
Chez nous, cela ne marche pas comme ça. En Israël, le changement de majorité, c’est une révolution. C’est une tout autre direction dans laquelle le pays s’engage. Et Israël n’est pas prêt aujourd’hui à cela.”
“If Swedish interrogators want to interrogate him they can do it in London. Everyone in their right mind knows that this is a stepping stone to the US.” Chomsky draws a parallel with Bradley Manning, the US soldier accused of having leaked thousands of classified documents to Wikileaks, and says that what to happened Manning is a clear indication of how Assange will be treated if he is extradited to the United States.
Manning has been held in a military prison for almost a year and a half without trial — most of that time in solitary confinement. “There is no doubt that the purpose of all this is to get [Manning] to say something about Assange, who will also be treated the same way if he ever comes to the US… Therefore, a decent country at this time — if there is one — would grant him political asylum,”
Chomsky says of the Swedish legal system “that one can not rely on it, which is not so surprising.” Sweden cooperated with the Nazis during World War II and is now working with the Americans, he points out. “Sweden cooperates with whoever is in power… suppose that Syria asks Sweden to extradite somebody to Syria whom they accuse works with the rebels — would Sweden do it? No!”
“By right [Assange] ought to get a medal of honour. He’s performing his responsibilities as a citizen of a democratic society and people ought to know what their representatives are doing “
"— Google reports ‘alarming’ rise in censorship by governments | Technology | The Guardian
Je ne vous apprends rien en vous disant que les votes blancs ou nuls n’ont aucun impact sur l’élection telle que nous la pratiquons. Les candidats vont, au mieux, s’inquiéter de l’abstention le soir de l’élection en prenant une mine grave (surtout les perdants qui trouvent là une bonne façon d’éluder leur défaite). C’est une des (nombreuses) preuves que l’élection telle que nous la pratiquons n’a aucun sens démocratique.
Ne pas voter, ou ne pas m’exprimer me semble cependant moins porteur de sens qu’un bulletin. La portée contestataire du vote blanc ou nul est très discutable. Qui va savoir si je suis allé à la pêche ou si je veux renverser la république ? Qui s’en préoccupe ? Certainement pas les hommes politiques, ni les médias.
"— Chroniques présidentielles - Et mon choix se porte sur… — Pile freemen 2.0
Le siège d’HADOPI à Paris taggué par Anonymous.
Amusante découverte ce matin du lundi 30 janvier 2012 en amenant mon gosse chez la nounou. Le siège d’HADOPI, dans le 14ème, rue du Texel, a été taggé par Anonymous dans la nuit. Vers 10h, l’entrée était barrée par des plots et des employés d’une société de nettoyage se préparaient à enlever le logo au pochoir et le tag écrit sur le trottoir, juste devant l’entrée, en grandes lettres rouges : “WE ARE LEGION”.

J’ai pu prendre des photos avec mon smartphone (merci mon gosse, dont je faisais mine de m’occuper pour être tranquille).
En repassant devant HADOPI un quart d’heure plus tard, cette fois les mains libres, je sors ostensiblement mon smartphone et je prends une dernière photo. A ce moment un gars en pull sort de l’accueil où il était avec quelques personnes, et vient vers moi, avec un air sévère et en regardant tout autour de lui, comme pour vérifier que nous étions seuls : “Vous ne devez pas prendre des photos, arrêtez ! Vous êtes de quel magazine d’abord ?”.
Je lui réponds, très calme : “Pardon ? Je suis dans la rue, sur un espace public, j’ai parfaitement le droit de prendre des photos de l’immeuble. Et je ne suis d’aucun magazine.” Il rétorque, énervé : “Mais alors pourquoi vous prenez des photos ? Pourquoi ? Vous voulez nous salir, c’est ça ? Qu’est-ce que vous allez en faire ?”.
Je réponds : “Pardon mais je peux bien avoir toutes les raisons que je veux, vous n’avez pas à le savoir. Et puis je n’ai aucune intention de vous salir, vous n’êtes qu’un employé, vous n’êtes pas responsable. En revanche, HADOPI, c’est autre chose… Vous voulez qu’on en cause ?”.
Après un temps d’arrêt à me dévisager, il recule et disparaît bientôt dans l’accueil de la Haute Autorité, tout en marmonnant un “mmm, ok, d’accord, d’accord, au revoir…” alors qu’il m’a déjà tourné le dos.


IMPORTANT : mes trois photos sont distribuées en licence CREATIVE COMMONS (cf. ci-dessous).

HADOPI taggé par Anonymous de Grégory Gutierez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Partage à l’Identique 3.0 non transposé.
