“Without Facebook, without Twitter, without Youtube, this would not have happened.”
Wael Ghonim’s 60 Minutes Interview: Egypt’s New Age Revolution (par ReaderSupportedNews)
This appetite for personal data reflects a fundamental truth about Facebook and, by extension, the Internet economy as a whole: Facebook provides a free service that users pay for, in effect, by providing details about their lives, friendships, interests and activities. Facebook, in turn, uses that trove of information to attract advertisers, app makers and other business opportunities.~ Selling You on Facebook - WSJ.com
First, it turns out there are segments of Facebook power users who contribute much more content than the typical user. Most Facebook users are moderately active over a one-month time period, so highly active power users skew the average. Second, these power users constitute about 20%-30% of Facebook users, but the striking thing is that there are different power users depending on the activity in question. One group of power users dominates friending activity. Another dominates ‘liking’ activity. And yet another dominates photo tagging.~ Why most Facebook users get more than they give | Pew Research Center’s Internet & American Life Project
The crazy, chaotic, idealistic days of the Internet are ending. Once, the Prairies were open and shared by everyone. Then the farmers arrived and fenced them in. The same is happening to the Internet: Apple, Amazon and Facebook are putting up fences — and Google is increasingly being left outside.~ Google is powerful now, but Amazon, Facebook, and Apple are taking over | Business | TIME.com
Bah voilà, j’ai trébuché dans le buzz. Hier matin, mes 3 photos un peu pourries du siège parisien de la HADOPI, taggué par Anonymous, publiées sur ce blog, ont vite fait de faire le tour du web francophone.
Habituellement, ce site que j’alimente presque tous les jours avec des extraits d’articles, des photos, parfois des textes de mon cru, culmine entre 5 et 10 visiteurs journaliers. Hier, lundi 30 janvier, j’ai atteint le chiffre exorbitant de 18 734 visiteurs uniques. Et une requête Google permet de constater que de très nombreux sites ont consacré un article à la news, en reprenant mes photos, depuis des blogs d’internautes jusqu’à des sites d’info “mainstream” comme LeMonde.fr, Numerama, LeParisien.fr ou encore LeFigaro.fr, en passant par tout un tas de forums spécialisés. J’ai même eu droit à la rubrique “Faits marquants” de Wikipedia.fr paraît-il :)
Comment le buzz s’est-il répandu ? La réponse tient en deux mots bien connus : réseaux sociaux.
Hier matin, en rentrant chez moi après avoir pris ces photos, je les envoie d’abord sur deux ou trois listes de discussion auxquelles je participe (dans les 800 inscrits en tout), et puis ensuite sur mon compte Facebook (300 amis environ). Et puis vers 10h30, je publie le petit article sur ce Tumblr, histoire de laisser une trace de ma paternité des photos, juste au cas où. Quelques amis “font tourner” mon tweet annonçant l’article et quelques autres me demandent, par e-mail, s’ils peuvent diffuser les photos sur leurs propres réseaux.
Parmi mes amis twitteurs, certains sont suivis par des journalistes de médias online parce qu’ils ont des fonctions dans le parti politique auquel j’adhère moi aussi, notamment parce que c’est un parti qui a un discours clair sur les libertés numériques (pour être tout à fait précis, je suis même membre de sa commission Partage 2.0).
Vers 13h, Rue89 est le premier média à se faire l’écho, sur Twitter, de mon article et de mes photos. Entre temps j’ai aussi relayé l’article sur mon mur Facebook, et une poignée d’ami-e-s l’ont déjà partagé sur leurs murs respectifs, ainsi que sur mon compte Google+, mais là c’est le calme plat, comme d’habitude.
Mais à partir du moment où Rue89, très suivi sur Twitter avec presque 230 000 “followers”, s’en fait le relais, c’est comme une traînée de poudre qu’on aurait allumée. Pendant toute la journée je ne vais cesser de recevoir des alertes sur mon iPhone : je suis retweeté à mort, j’ai plein de nouveaux “followers”, mon Facebook est rempli de commentaires (ça j’ai plus l’habitude tout de même), et sur Tumblr, le module de gestion des commentaires, géré par Disqus, enregistre des tas de réactions à la suite de l’article. La “fièvre” va durer ainsi jusqu’à minuit environ. Grosso modo, sur une douzaine d’heures, soit une moyenne de 1 500 visiteurs uniques par heure, ou encore 25 visiteurs à la minute.
D’où viennent tous ces visiteurs d’hier ? Grâce à Google Stats, j’ai pu retracer tout ça, et voici les 10 premiers sites référants :
A eux deux, Facebook et Twitter ont donc généré pratiquement 10 000 visiteurs, plus de la moitié du nombre total de visiteurs ! Je remarque aussi que LeFigaro.fr est très bien placé, avant Rue89 qui fut l’un des premiers sites d’info à publier une news reprenant mes photos et un lien vers mon blog. La plupart des autres sites internet de quotidiens et magazines français sont loin derrière, avec moins de 100 visiteurs uniques.

Je remarque enfin deux ou trois choses. L’information a été reprise telle quelle sur la plupart des sites, qui se sont visiblement copiés les uns les autres, et quasiment aucun n’a fait mention du petit dialogue entre l’employé de la HADOPI et moi-même, que j’avais retranscrit dans mon article. J’avais pris soin de préciser que les photos étaient sous licence Creative Commons : la très grande majorité des sites internet ont respecté cette licence, en la mentionnant sous les photographies, avec mon nom et un lien vers mon article.
Et enfin, sur les 70 commentaires en un jour à la suite de l’article, il y en a eu deux pour crier au “fake” (les photos seraient fausses). C’est ce qui m’a le plus amusé dans toute cette petite expérience. Le reste des commentaires est plus intéressant (à la suite de l’article ou sur les pages des sites d’information) avec un débat sur l’utilité d’une telle action de la part des Anonymous. Certains pensent en effet que ça nuirait à la cause, parce que tagguer des murs ce serait faire preuve de violence gratuite. Je ne suis pas d’accord avec ça et j’ai participé à la discussion dans les commentaires.
L’air de rien, je suis content d’un truc : grâce à ce petit buzz de début de semaine, pas mal de gens savent aujourd’hui à peu près en quoi consiste la licence Creative Commons. Et ça, c’est vachement intéressant.
The Internet isn’t some obscure thing that only a few thousand people use for a couple hours a day at the most. This is the Internet that everyone connects to, and if you sent some embarrassing pics of yourself to public, it’s your own damn fault. (…) Deleting out of anger after the fact won’t get rid of anything. There is archiving of almost everything that is online. Almost none of it goes away after archival. The best thing you could do is to delete and hope that after a year or two, it’ll be forgotten. There might be an archive of that pic you posted of yourself dry humping someone other than your spouse, but who’d check all the archives, right?~ We’re All Monitored, All the Time | Digital | SPLICETODAY.com
Facebook ou Google soulèvent, quant à eux, d’autres problèmes. Ils centralisent plus de données qu’aucun état dictatorial n’oserait jamais imaginer. Facebook surveille notre navigation internet, fait de la reconnaissance de visages sur nos images et bien sûr, garde toutes nos données. Cela pose de grands problèmes aux États-Unis et de plus grands encore pour ceux qui ne résident pas au États-Unis : vers quelle juridiction allez-vous vous tourner en France si Facebook abuse de vos données aux États-Unis ? Et puis, il y a aussi les caméras de surveillance et les téléphones portables, qui peuvent maintenant se transformer en dispositif d’écoute ou transmettre des coordonnées GPS. Le téléphone portable, c’est le rêve de Staline.~ Richard Stallman : « Je ne veux pas suivre les ordres des riches » - Regards.fr
I spend less time on my computer without Facebook’s source of infinite content. During real life experiences, what is or isn’t worth sharing on Facebook no longer lingers in the back of my mind, so I spend more time simply enjoying the present. And the false comparisons between others’ curated digital self-presentations and my own naturally widespread sources of pride, fulfillment, dissatisfaction and insecurity no longer exist.~ My Life Without Facebook: A Social Experiment
“What Facebook gives to us is nothing compared to what we give to Facebook.”
Diaspora* Next Online Revolution (par craigantweiler)
En rassemblant ces informations, Facebook crée des profils détaillés de ses utilisateurs comme des non-utilisateurs du service (…). Et il le fait sans prévenir les personnes concernées ; l’utilisateur comme le non-utilisateur voit seulement les effets de cette collecte : les suggestions d’ajout d’amis se basent parfois sur ces informations, tout comme les non-utilisateurs reçoivent des invitations comportant les portraits de personnes qu’ils connaissent dans la vraie vie. Cela signifie que Facebook collecte d’importantes quantités de données sans en informer les personnes et sans leur demander leur consentement~ Facebook accusé de conserver des données effacées et de créer des “profils fantômes” - LeMonde.fr
Anthony De Rosa, chef de produit chez Reuters, qualifie de « féodalisme numérique » le système institué par le Huffington Post et ses proches cousins que sont Facebook, Twitter ou le site de blogs Tumblr : « Les technologies mises en œuvre par ces sites ont un très fort pouvoir de séduction, elles nous amènent à contribuer gratuitement sans même que nous nous en apercevions. Docilement, nous fournissons les contenus qui permettent à d’autres d’engranger d’énormes profits (9). » Mme Huffington ne partage pas ce point de vue : selon elle, les blogueurs devraient se réjouir de travailler gratuitement, car « l’expression personnelle est devenue une incroyable source d’accomplissement pour les gens ».~ Trahison au Huffington Post, par Rodney Benson (Le Monde diplomatique)
Sous le doux nom de “ifttt”, voici un nouveau service ultra-geek et ultra-pratique pour ceux qui, comme moi, ont tendance à démultiplier les outils en ligne pour partager photos, vidéos, news, articles, etc. IFTTT = If This Then That, en bon français, “Si ceci alors cela”. C’est assez sioux pour le commun des mortels, tout de suite intelligible pour les programmeurs : si telle condition est remplie, alors réaliser telle action.
Je viens de souscrire au service, gratuit et encore en phase de développement, et j’ai très rapidement créé une première tâche (“task”) : à chaque fois que je publie une photo dans Instagram, associée au mot-clé #guitar, cette photo est copiée vers un dossier de mon compte Dropbox (sauvegarde et synchronisation en ligne de fichiers). A partir de maintenant, je vais donc récupérer sans avoir à m’en soucier toutes mes photos de guitares partagées depuis Instagram (logiciel bien sympathique mais qui n’existe que sur iPhone pour le moment).
Depuis Instagram, mes photos étaient déjà partagées sur Tumblr, lequel se chargeait ensuite de les partager sur Facebook et sur Twitter. Mais jusqu’ici je ne pouvais pas encore récupérer la photo pour la stocker quelque part sur mon ordi. Mon projet finalement sera de réussir à publier automatiquement la photo depuis Instagram jusqu’à mon compte Picasaweb (en particulier cet album).
Ifttt est encore en développement, j’espère que peu à peu de nombreux “channels” y seront ajoutés (pour le moment par exemple, picasaweb n’en fait pas encore partie). On imagine bien l’utilité d’un tel service pour automatiser certaines tâches. Rêvons un peu : tous vos statuts Facebook reroutés automatiquement sur votre Google+ ? Toute photo Instagram avec tel mot-clé envoyée directement à votre adresse e-mail ? Les possibilités ont l’air immenses.
Un mot sur l’interface de itfff : des textes très courts, écrits très gros, pas d’image à part les logos des “channels”, l’ergonomie vise la simplicité et la rapidité, même si c’est au prix d’une certaine aridité. En tout cas là aussi le service innove.